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Pop / Rock
Téléchargement Payant
Jarvis Cocker
"Jarvis"
Rough Trade Records/Because Music
Un temps consacré roi pop dans une Angleterre tiraillée entre les branleurs d’Oasis et les têtes à claques de Blur (rappelez-vous Pulp et son tube Common People en 1995), Jarvis Cocker est cette asperge de Sheffield qui faisait craquer les filles… Sabordant son groupe en 2001, le dandy s’est installé à Paris, se faisant relativement discret. Comme des retrouvailles en petite pompe pour un ami cher, Jarvis a été concocté en compagnie de vieux complices, sans trop se bouger le ciboulot. Tour à tour performer glam rock dans Don’t Let Him Waste Your Time ou crooner languide mimant le Leonard Cohen de Death Of Ladies Man dans Baby’s Coming Back To Me (la perle du disque), le chanteur dévoile une palette connue, bigarrée et de bon goût. Parmi les titres à écouter, mentionnons aussi Running The World, la diatribe contre le Live 8 (un morceau caché après Quantum Theory) et I Will Kill Again qui résume cette manière particulière de dire des choses horribles sur un fond musical disons… "Elton Johnesque"! On regrettera peut-être la singularité de Pulp, son côté freaks et déviant, mais après tout Jarvis reste largement au-dessus de la mêlée.
Gildas Lessard
À télécharger en priorité : Baby’s Coming Back To Me, Don’t Let Him Waste Your Time, Running The World, Fat Children, I Will Kill Again et Black Magic.
Écouter sur Download.com Album entier/streaming
Pop / Rock
Téléchargement Gratuit
Lindsey Buckingham
"Under The Skin"
Reprise/WEA
Le poids des années semble glisser sur Lindsey Buckingham comme une rivière sur un galet, à comparer les morceaux du nouvel album solo à ceux du précédent, séparé de quatorze ans. Si la voix s’est un peu "arrondie" et l’instrumentation simplifiée (seulement des guitares, presque toutes acoustiques et quelques percussions, sauf pour deux titres auxquels ont participé Mick Fleetwood et John McVie, la section rythmique de Fleetwood Mac), reste ce talent inaltérable pour construire des mélodies captivantes et intemporelles qui peuvent aussi bien suggérer l’espoir que la frustration. Saisissant les tensions entre imaginaire et pragmatisme, la musique de cet architecte sonore se fait tantôt douce, tantôt nerveuse, portée par un jeu de guitare percussif et une voix doublée, voire triplée, trempée d’effet à l’instar de l’obsédante brise de Show You How, de la brume de chaleur de Not Too Late (sur un frénétique fingerpicking), de l’ascensionnel et spiralé Flying Down Juniper ou de la résonance rauque de Under The Skin. À 57 ans, Lindsey Buckingham, toujours aussi perfectionniste, enchante l’oreille et donne du baume au c½ur… Un vrai moment de plaisir.
Eric Berdin
À écouter en priorité : Not Too Late, Show You How, Under The Skin, Shut Us Down et Flying Down Juniper.
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Rap / Soul / Funk
Téléchargement Payant
OutKast
"Idlewild"
Arista/Sony Music
Depuis une petite décennie, OutKast s'est imposé comme un des groupes les plus innovants dans le vaste vivier du rap US, d'un point de vue du discours autant que de la démarche musicale, et par sa facilité à contourner les pièges d'une carrière fulgurante. Idlewild, B.O. qui accompagne le film du même nom créé par le duo ne se plie à aucun compromis et pousse la recherche artistique toujours plus loin. Dans ce volet, l'équilibre est toujours aussi juste entre l'influence vintage de Big Boi et les penchants électroniques d'Andre 3000. Jugez-en sur Peaches, N2U ou PJ & Rooster, avec un travail de voix et de sonorités qui ressemble à s'y méprendre aux géniales compos de Parliament/Funkadelic ou Stevie Wonder, avec la fibre moderne qu'ont cultivée Cee-Lo, Common ou Kelis. On retiendra forcément Call The Law dans laquelle se distingue la chanteuse Janelle Monae, ainsi que Hollywood Divorce avec Snoop Doggy Dog. Espérons que le film tienne les promesses de la bande-son...
Binge
À télécharger en priorité : Peaches, N2U, PJ & Rooster, Morris Brown, Call The Law, Hollywood Divorce et In Your Dreams.
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Pop / Rock
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Arctic Monkeys
"Whatever People Say I Am, That's What I Am Not"
Domino/PIAS
À coups de démos laissées en pâture sur MySpace à des hordes d?ados convertis en trois clicks, Arctic Monkeys empoche aujourd?hui la mise. Buzz surgonflé de 2005, on craignait l?après coup (la fameuse baudruche) mais LA révélation pop/rock anglaise sort ses griffes. Avec 360 000 galettes bazardées la première semaine, la perfide Albion en tremble encore. Révélés par leur site Internet, marketing mené de main de maître, les ouistitis singent la même fougue que les frères Gallagher à leurs débuts en 1994. Au contraire de leurs aînés, ces quatre de Sheffield sont moins arrogants. Les paroles au scalpel éructées par Alex Turner (19 ans), leader acnéique quoique charismatique de la bande, décrivent les boires et déboires des ados (surtout boire) entre le fish and chips et quelques pintes de bières? Portrait réaliste de l?Angleterre façon Ken Loach, telles ces relations glauques entre une prostituée et son mac narrées dans When The Sun Goes Down. Pop punk sec à la Buzzcocks saupoudré de Jam, les rythmes effrénés succèdent sans mal aux riffs endiablés. Du "Franz Libertines" sur Dancing Shoes au garage rock de Fake Tales Of San Francisco, Arctic Monkeys brasse le rock anglais en un tournemain. Rien d?original en somme ! Ce qui les sauve ? La pertinence des textes, la gouaille empruntée à Mike Skinner (The Streets), phrasé rap et accent cockney qui font mouche. "Don?t believe the hype", juraient-ils en 2005, on va se gêner?
Gildas Lessard
À télécharger en priorité : When The Sun Goes Down, From The Ritz To The Rubble, Mardy Bum, Fake Tales Of San Francisco, Riot Van, A Certain Romance et Dancing Shoes.
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Variétés
Téléchargement Payant
Katerine
"Robots après tout"
Barclay/Universal
On pourrait parier sans risque que cet album fera date. Normal, il est de son époque. Paumé et posé, burlesque et contrarié, gai et précaire, voyeur et bienséant, dansant et atone : musique, textes, voix rebondissent sur tous ces beats du temps présent. Aussi présent que l’envie très-pidante d’exister d’un artiste dont les dix ans et quelques d’expérience libèrent la spontéanéité. Quand on découvre la Groovebox et qu’on s’appuie sur Gonzales et Renaud Létang, on a envie de jouer. Comme un dandy provoc (pléonasme) qui a les moyens… Et Katerine les a. Le bonhomme est passé de l’easy listening à un easy disco électro distancié et jubilatoire. Le chanteur a trouvé une boîte de coloriage pour égayer le quotidien. Ça s’appelle désir : sexe and pop’n’roll. Le K Dick reste malgré tout encerclé – par Marine Le Pen dans Le 20-04-2005, les horaires, les machines, le numérique… Robots après tout. Entre Gogol et Google, Katerine choisi la mélodie de la bonne heure. Nous aussi.
Olivier Garcia
À télécharger en priorité : Êtres humains, Borderline, Numéros, Le Train de 19h, Louxor j’adore et Le 24-04-2005.
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Pop / Rock
Téléchargement Payant
White Stripes
"Get Behind Me Satan"
XL Recordings/Beggars Banquet
Riff minimaliste, efficace façon Lenny Kravitz, mis en scène par un fan des Stooges, voix haut perchée décalée, batterie itou, le rideau rouge des White Stripes s’ouvre sur un drôle de théâtre musical. Passé ce premier titre (Blue Orchid), mortel ou périssable, selon les goûts, remarquable en tout cas, Jack White pose la guitare pour s’asseoir au clavier et ressusciter les Kinks, moins le refrain de Lola. Take, Take, Take ou My Doorbell en ont néanmoins la grâce énervante d’une habileté mélodique adolescente mais expérimentée. Un effet Kiss Cool ou Orangina Sanguine imparable. Acide et fruité aussi, Red Rain, guitare, voix et batterie subtilement mais si simplement entrelacées, ranime l’esprit le plus vaudou de Led Zeppelin. Le reste, en dehors d’un assez séduisant The Nurse, riff de marimba, cordes distordues, mélodie entêtante, rélève de l’anecdote ou du brouillon. Du plus que convaincant et du pas convaincu.
Olivier Garcia
À télécharger en priorité : Blue Orchid, Take, Take, Take, My Doorbell, Red Rain et The Nurse.

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