Electro
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"The Long Term Physical Effects Are Not Yet Known"
Labels/EMI
Après des incursions electro ou house, dont le succès ne retentît pas autant que ses premiers opus Whiskey, Tattoo et Poison, Jay-Jay Johanson revient avec The Long Term Physical Effects Are Not Yet Known. On sait rien qu’au titre qu’il s’agit encore des amours tronquées et autres déboires affectifs du crooner suédois. Tant mieux, c’est dans la douleur que l’artiste accouche du meilleur : sa voix chaude et placée haut, ses rythmes étouffés, entre jungle downtempo et swing jazz, et le son neigeux de ses claviers commençaient à nous manquer. La musique est presque autant minimaliste qu’à ses débuts, mais les arrangements sont plus chiadés, notamment sur Time Will Show Me. As Good As It Gets n’est pas loin des travaux de Matthew Herbert mais sans le beat electro-lounge de ce dernier. Quant à Jay-Jay Johanson Again, c'est peut-être le meilleur morceau, et le plus pop, de l’album, avec sa basse électrique lancinante et sa construction impeccable. Jay-Jay Johanson reste fidèle à sa délicatesse, et quelque part, à ses fans.
Binge
À télécharger en priorité : She Doesn’t Live Here Anymore, Time Will Show Me, As Good As It Gets, Jay-Jay Johanson Again et Tell Me When The Party’s Over.
Binge
À télécharger en priorité : She Doesn’t Live Here Anymore, Time Will Show Me, As Good As It Gets, Jay-Jay Johanson Again et Tell Me When The Party’s Over.
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Titres gratuits/streaming
"One Day At Home"
Electron'y'pop
Comme Quentin Tarantino avant lui, Pierre Lefeuvre, alias SayCeT, travaille dans une boutique de location de films. Et comme le réalisateur de Pulp Fiction, il a emmagasiné un tas de références. Le "hic", c’est que dans sa tête, musiques et images se mélangent… Il en résulte un album à écouter les yeux fermés où des mélodies délicates se voient fracassées par des rythmiques pernicieuses (Trilogie), un peu comme chez Boards of Canada. Le compositeur se place aussi en digne compatriote de Jérôme Minière (notamment sur Chromatic Birds) qui, exilé volontaire à Montréal, joue les expérimentateurs electronica depuis quelques années, tout en menant une carrière plutôt discrète dans la pop. C’est justement le côté pop de l’électronique qu’explore SayCeT, dont les productions relaxantes sont plus à rapprocher de Plaid, Mùm ou Telefon Tel Aviv que de certains bidouilleurs de chez Clapping Music ou Active Suspension. Le label Warp n’a jamais signé le moindre artiste français (comme 4AD d’ailleurs) alors il serait temps que ça change. Pourquoi pas SayCeT ? Militons tous dans ce sens, c’est une question de fierté nationale !
Jean-Marc Grosdemouge
À écouter en priorité : Chromatic Birds, Trilogie et Circonflex.
Jean-Marc Grosdemouge
À écouter en priorité : Chromatic Birds, Trilogie et Circonflex.
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"Open Ticket"
Bonsaï Music
Après avoir officié dans diverses formations, le Parisien Matthieu Brillard s’est tourné vers l’électronique, d’abord sous le pseudo de Matis. Est-ce pour ne pas être confondu avec Mathis (celui des Mathematics) qu’il en a changé ? Mystère ! Avec Malko, il s’invente en agent très spécial digne des romans de Gérard de Villiers et grille la priorité à un groupe rock qui s’appelle… Prince Malko – ils vont peut-être devoir "brainstormer" à nouveau pour trouver un nom de guerre. Mais revenons à notre homme. Multi-instrumentiste chargé des programmations, des claviers et de quelques voix, il dispense une house chic (Follow My Lead) digne du label Naked et prouve avec Lose You, qu’en plus des Nantais de Smooth, existe en France plus d’un musicien capable de produire une electro lysergique gorgée de références jazzy. La musique lounge chic et raffinée qu’on fait à Paname a de beaux jours devant elle. Paris, capitale de la mode vampirisée par les dieux des ciseaux et des tissus, c’est un fait (et depuis longtemps déjà), mais d’autres artisans, orfèvres du son, se chargent aussi de faire briller sa renommée…
Jean-Marc Grosdemouge
À écouter en priorité : Lose You et Follow My Lead.
Jean-Marc Grosdemouge
À écouter en priorité : Lose You et Follow My Lead.
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Deux titres gratuits/streaming
"Breaking And Entering" (B.O.F.)
V2 Music
Cette union improbable qui n’est pas le mariage contre-nature de la carpe et du lapin, propose un vrai passage de témoin entre une génération habituée aux grands orchestres et la nouvelle, rompue au maniement des machines. Il en résulte des compositions grandioses où les cordes perdent enfin le côté pompeux qui colle trop souvent aux B.O. hollywoodiennes et anglo-saxonnes, et où l’électronique se fait contemplative, nimbée de voix "vocoderisées" invitant à la méditation. Cette bande-son doit servir le nouveau film d’Anthony Minghella (Retour à Cold Mountain, Le Talentueux Mr Ripley…) qui se déroule à Londres, dans le quartier de King’s Cross, zone dont la géographie est en pleine mutation. Plus qu’une musique descriptive, c’est l’introspection qui a été choisie. Et entre Gabriel Yared et Underworld, personne ne cannibalise personne. Chacun apporte sa sensibilité, pour la confier à l’autre et bénéficier de sa technique : les cordes du compositeur français sont passées par l’ordinateur et y gagnent en modernité, tandis que les ambiances nées des machines du groupe anglais s’étoffent en finesse. Si choc il y a ici, il s’agit plutôt d’un télescopage esthétique qui propulse l’oreille de l’auditeur dans une sorte de quatrième dimension délicieuse à explorer, où les climats sonores paradoxaux sont proprement sidérants.
Jean-Marc Grosdemouge
À écouter en priorité : Counterpoint Hang Pulse et St Pancras.
Jean-Marc Grosdemouge
À écouter en priorité : Counterpoint Hang Pulse et St Pancras.
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Titre gratuit/streaming
"The Suns Gone Dim And The Sky's Turned Back"
4AD
Signé chez 4AD qui a le chic pour repérer ce qui se fait de mieux en musique (Pixies, Cocteau Twins, Red House Painters, TV On The Radio), Johann Johannsson explique la naissance de IBM 1401, A User’s Manual, son dernier album. "En 1964, un ordinateur, l’IBM 1401 Data Processing System, est arrivé en Islande, l’un des premiers à être importé dans le pays. Le 1401 était considéré comme le "Ford Model T" de l’informatique, le premier conçu en masse et donc d’un prix abordable. Et l’ingénieur en chef chargé de la maintenance de cette machine était mon père, Jóhann Gunnarsson. Étant musicien, il a conçu une méthode pour créer de la musique avec cet ordinateur." Quand en 1971, le 1401 a été jeté comme un vieux frigo, on l’a fait "chanter" une dernière fois et ce chant a été enregistré. En 2001, Johann Johannsson a eu vent de l’affaire : il s’est plongé dans ces bandes et en a fait la source d’inspiration de son travail. Sur des mélodies épurées, il y pose une voix "vocoderisée", comme un souffle. Comme le souffle que ferait une machine sur le point de rendre l’âme. Ainsi la boucle est bouclée.
Jean-Marc Grosdemouge
Jean-Marc Grosdemouge