Tel un moineau perché sur un fil électrique pendulant au-dessus de la
grisaille britannique, Stateless dégage négligemment une troublante impression,
entre fragilité mesurée et assurance délicate. Rythmiques incertaines et solide
empilage d’électroniques s’emmêlent pour mieux porter UNE voix, celle de Chris
James, chanteur et leader de ce groupe issu de Leeds - ville qui a vu naître
The Kaiser Chiefs, Gang Of Four ou encore New Order. Tendrement mélancolique,
cette voix écorchée de douceur monte en volutes, fascine, envoûte tout au long
des dix titres de cet album éponyme. Si l’emploi d’un piano un brin bancal fait
immédiatement penser à Coldplay et Radiohead, Stateless se rapproche plus de l’electronica
et du trip-hop que du rock anglais. D’ailleurs, la figure incontournable de
l’abstract hip-hop qu’est DJ Shadow ne s’y est pas trompée en faisant appel à
Chris pour son dernier album, totalement séduit par ce timbre vocal admirable
et ces mélodies inspirées. Des accents aigus de Prism # 1 à la froideur douce et grave d’Inscape, de la pulsation organique et fluide de Bloodstream à la vibration hypnotique de
Radiokiller en passant par les
zébrures soniques de Bluetrace,
omniprésente est l’harmonie, éclatante est la maîtrise. Stateless a assurément
tout compris de la musique…
Eric Berdin
A télécharger en priorité : Bloodstream,
Inscape, Radiokiller, Prism # 1, Exit, Bluetrace et The Language.